Romuald, 22 ans, dit « Romu », Elodie, 21 ans, et Raphaël, 24 ans se connaissent bien. Depuis quelques années déjà, ils sont des fidèles du bar Le Marie-Stuart situé au bas de la rue de Siam. C'est un peu devenu leur « QG » par la force des choses. Leur repère... Et pour cause : ils y viennent pour une chose bien précise....
Pour rien au monde, en effet, ils ne louperaient leurs soirées karaoké. Mais si ! Celles dont sont si friands les Japonais. Elles ont lieu tous les mercredis, vendredis, samedis et dimanches soirs dans l'établissement.
Les trois jeunes gens font partie du noyau dur des habitués : « On est une petite dizaine comme ça à nous retrouver ces soirs-là », sourit Raphaël d'un oeil complice.
Elodie, qui travaille dans la restauration, y vient même, tard, après son service, « dès que je peux », admet-elle. Pour elle et ses amis, le karaoké, c'est un peu comme une seconde peau.
« Je ne joue pas ma vie là-dessus »
Cela fait huit ans que Romu, un grand costaud de 22 ans, fréquente l'établissement. Huit ans aussi qu'il pousse la chansonnette ! Il sait de combien d'écrans et de micros dispose le Marie-Stuart. Il est là-bas comme chez lui.
« Le karaoké ? J'y suis venu par hasard. J'ai accompagné, un jour, un ami ici, raconte t'il. Au départ, je ne me voyais pas chanter tout seul. J'avais du mal à franchir le pas. La toute première chanson en général, on la fait en duo. On n'a pas, comme ça, l'habitude de se retrouver devant un public. Après, on finit par se lâcher. Mais il faut un peu de temps. »
Et Romu de reconnaître : « pour moi, c'est devenu une passion. » Les chansons qu'il aime interpréter pour épater les copains ? Le paradis blanc de Michel Berger et Si tu m'aimes de Lara Fabian
Au Marie-Stuart, on aime bien chanter mais on ne se prend pas au jeu pour autant. « Ça reste bon enfant, rappelle Romu. Moi, je ne joue pas ma vie là-dessus. Les gens applaudissent quand ils aiment. Les autres n'y reviennent pas. »
Ringard le karaoké ?
Le couple d'Elodie et Raphaël s'est formé lors d'un karaoké au Marie-Stuart. Un coup de foudre sans play-back ! Elodie trouvait qu'« il chantait bien ». Elle est tombée sous le charme. Idem pour lui. Depuis, ils forment un duo qui a trouvé le bon tempo.
Ils sont unanimes : le karaoké crée des liens. « Comme Elodie et Raphaël, beaucoup de couples se forment lors de sessions karaoké, constate Olivier Colleter, le gérant du bar. De nombreux liens d'amitié se tissent aussi : « On n'a pas forcément dans son entourage quelqu'un qui peut chanter avec vous. Ici, on trouve toujours. Et c'est souvent comme ça que des liens se créent », explique Elodie.
Le karaoké, Elodie y était peut-être plus prédisposée que les autres. « Mon père est musicien et mon grand-père, déjà, était dans un groupe », raconte t-elle.
Un peu ringard comme loisir ? « C'est souvent cette impression qui domine, reconnaît Elodie. Pour ceux qui ne connaissent pas, cela peut paraître un peu rétro. Pourtant, j'ai bien l'impression que le karaoké revient. Surtout avec le retour des années 80. Il y a comme un second souffle. »
Pour l'heure, ce qui est sûr, c'est qu'au Marie-Stuart, la bande-son du karaoké a bien trouvé sa voie (x) !